Trois grandes zones ont été identifiées comme présentant des topographies intéressantes (monts sous-marins, pentes, bancs). Ce sont ces trois zones que l'équipage de l'Antéa va explorer.
![]() |
Zones prospectées par la campagne profonde Karubenthos 2 © Laure Corbari / MNHN/PNG/UAG |
Le Muséum utilisera sa panoplie d’engins de pêches adaptés à la collecte en milieux profonds :
- la drague Waren pour les fonds rocheux
![]() |
Drague Warén – pour les fonds rocheux |
La drague Warén se compose d’un solide cadre métallique derrière lequel est placé un filet pour retenir les sédiments et la faune. Le cadre métallique est relié à un câble et tiré par un bateau à faible vitesse (1-2 noeuds), quelquefois moins en fonction de l’agitation des fonds marins. La poche de la drague est composée de plusieurs couches : une poche intérieure faite de mailles plus minces (3-5 mm) est protégée par 1-2 couches externes à mailles plus grandes (20-50mm) et plus solides.
- le chalut à perche pour les fonds meubles
![]() |
Chalut à perche, © L. Corbari / MNHN |
![]() |
Chalut à perche – pour les fonds meubles |
Le chalut à perche français standard est composé d’une large pièce de bois de 4,5 mètres fixée sur deux lourdes glissières de fer à chacune de ses extrémités. Ces glissières permettent au chalut de glisser le long du plancher océanique. La hauteur des patins latéraux de fer (0,5 m, longueur de 0,45 m, donnant une hauteur effective de 0,35m) définit l’ouverture verticale du filet, la perche en détermine l’ouverture horizontale. Le poids des glissières à la base du filet dépose le chalut et le maintient près du sol. Un filet à mailles très fines (15 et 12 mm) est attaché à ce système ; le bourrelet du filet est renforcé par une chaîne pour permettre au filet de s’enfoncer dans le sédiment et d’extraire (tirer) les organismes ou substrats situés sur et dans le sédiment. Une chaîne gratteuse (4,5 m de long, 10 kg) est placée devant le filet. Un filet de forme conique est situé derrière le bourrelet. Cette forme conique permet une bonne filtration de l’eau et guide les organismes attrapés dans le filet vers l’extrémité du chalut. L’extrémité du filet est doublée, avec une poche intérieure maillée plus fine. Le chalut est connecté à la chaîne du navire par deux câbles de 4 m de long, formant un triangle avec la perche. Le chalut est généralement déployé à une vitesse de 2,5 à 4,5 noeuds (avec une vitesse réelle de sortie de 1m/s).
Les spécimens récoltés seront dans un premier temps triés à bord par grands groupes zoologiques (crustacés, mollusques, échinodermes, cnidaires, polychètes, poissons, autres…). Ils seront fixés dans l’éthanol. Des protocoles particuliers seront mis en place afin d’optimiser la préservation des spécimens en vue du séquençage de l’ADN. Les échantillons feront ensuite l’objet d’un tri plus approfondi au retour de mission, et seront envoyés au réseau informel de taxonomistes pour être identifiés.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Pour échanger avec nous autour de cette expédition